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Guna

Note :   (8.5/10)

Publié dimanche 23 mars 2008, par Suraj 974
Dernière modification dimanche 13 juillet 2014
Article lu 1390 fois
2 commentaires

Guna s’ouvre sur un plan séquence nocturne de plus de 2 minutes, qui passe en revue un bordel d’Hyderabad partant des ruelles alentours et en passant devant les balcons et fenêtres ouvertes pour se terminer sur le toit où Kamal Hassan est en équilibre sur une jambe dans une posture de salutation à la pleine lune.
Cette séquence virtuose comme on en voit peu dans un cinéma indien généralement peu adepte des exploits techniques, n’est qu’un des multiples éléments qui fait de Guna un film unique.

Guna est un attardé mental un peu psychopathe, mais surtout très obsessionnel, qui est persuadé d’être Dieu. Il a grandi dans le quartier des prostituées d’Hyderabad, et déteste cela. Un de ses compagnons d’asile, lui a dit il y a longtemps que la Déesse Abirami viendrait le trouver un jour de pleine lune, pour l’épouser et le sortir de ses malheurs en le lavant de ses péchés. Depuis, il la cherche sans relâche et n’a que ce mot à la bouche : Abirami, Abirami, Abirami…
Malgré son état mental, il a un talent : il est capable d’ouvrir n’importe quelle serrure ou coffre. Exploitant ce don, son oncle l’utilise dans des combines douteuses. Au cours d’une expédition qui visait à dévaliser un temple richissime, il aperçoit la belle Rohini, et laisse tout en plan. C’est la révélation : il a trouvé son Abirami. Sans attendre il l’emmène avec lui, poursuivi par la police et par son oncle, qui ne tient pas à laisser filer sa poule aux œufs d’or.

Le film tout entier est centré sur son personnage-titre, et jette un regard cynique sur son sort et encore plus sur le monde malsain qui l’entoure.
Dans cet environnement, Guna est un personnage immédiatement sympathique. Il est naïf, peu gâté par la nature – même son don est un cadeau empoisonné - mais profondément bon. Le film décrit le personnage, l’analyse, en jetant un regard extérieur presque détaché. Bien qu’inspirant la compassion, le protagoniste n’est jamais mélodramatisé au-delà d’une certaine mesure, et encore moins glorifié. Le premier tiers du film le présente, le deuxième relate sa cavale avec Rohini/Abirami qui culmine dans une église abandonnée au sommet d’une colline, et le dernier tiers est un huis clos dans une grotte. Le film suit une évolution de plus en plus introspective. Il commence normalement, puis la cavale permet aux personnages de se découvrir, et enfin quand ils se retrouvent enfermés dans la grotte, les personnages se révèlent. Parallèlement, la tension monte et, les recherches de la police se précisant, on sent se dessiner une issue forcément fatale.

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Un film d’une grande symbolique mythologique

Le scénario est un modèle du genre, à la fois innovant par sa profondeur psychologique et symbolique, mais aussi conforme à ce qu’on attend d’un drame tamoul. La symbolique religieuse est très présente, avec la pleine lune, les postures que prend Guna, et les multiples références à la mythologie. Il y a aussi bien sûr le fait que ca soit précisément dans un temple qu’il rencontre celle qu’il croit être Abirami, dans une église abandonnée qu’il trouve refuge, et dans une grotte, comme un retour aux origines de l’Homme, qu’il trouve une certaine paix. Guna souhaite expier ses péchés en s’unifiant avec la déesse Abirami, incarnation de la Déesse Parvati, et rêve même du lingam, symbole de Shiva (qui est en outre le mari de Parvati).
En fait, le seul point faible concerne le personnage de Rohini/Abirami. Quand elle se retrouve enfermée avec Guna, elle succombe un peu trop facilement. Même si la naïveté et la sincérité de ce dernier sont plus attirantes que le cynisme et la vénalité du monde dont elle a elle aussi souffert, le tout est un peu trop vite amené pour être totalement crédible. En dehors de ce point de détail, l’actrice Roshini dans ce rôle est excellente. Elle a la beauté lunaire d’une déesse apparaissant à la pleine lune, et son jeu tout en nuances est impeccable. Mais c’est évidemment Kamal Hassan dans le rôle-titre qui porte le film sur ses larges épaules. Il est parfait en attardé mental, avec son regard perdu mais déterminé, et ses yeux qui s’illuminent quand il pense avoir trouvé Abirami… Sa prestation est extraordinaire, à la hauteur de son personnage.

Techniquement le film est parmi les plus réussis des années 90. On l’a vu avec le plan-séquence d’ouverture, la réalisation est de haut niveau. Cette maîtrise se ressent dans la mise en scène en général, mais s’exprime techniquement parlant dans cette séquence. Le reste adopte un ton plus sobre dans l’étude du personnage. Le film est en revanche émaillé de riches idées visuelles : la séquence du ‘casse’ du temple, la petite église portugaise au sommet d’une colline, la grotte et la forêt qui l’entoure, la pleine lune, Guna avec son bandeau orange vif orné de Aum rouges, sont autant d’images et de passages qui marquent autant que la prestation de Kamal Hassan. La photographie n’y est sans doute pas étrangère. Elle est teintée de couleurs chaudes (Kamal Hassan n’a jamais paru aussi bronzé) et ses tons sombres sont particulièrement efficaces dans les passages de la grotte.

Si à l’époque Guna n’a pas rencontré un grand succès public, c’est probablement qu’il était trop novateur pour son temps. Sa profondeur a déconcerté le public, d’autant qu’il sortait à peu près en même temps que Thalapaty. Ambitieux et inclassable, c’est un film à la croisée des genres qui mélange drame psychologique, références mythologiques et thriller. Œuvre complexe nécessitant plusieurs visionnages pour livrer tous ses secrets, Guna est incontestablement un des tous meilleurs films tamouls des années 90, et l’une des plus impressionnantes interprétations de Kamal Hassan.

Pays : Inde (tamoul)
Année : 1992
Réalisation : Santhana Bharathi
Interprètes : Kamalhassan, Roshini, Rekha, Janakaraj, S.P.Balasubramaniam, Girish Karnad, Sharad Saxena
Directeur de la photographie : Venu
Scénario : Sabjaan
Musique : Illayaraja



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