Hijack

Traduction : Détournement

Année2008
LangueHindi
GenreFilm d’action
RéalisateurKunal Shivdasani
Dir. PhotoJehangir Chowdhury
ScénaristesKunal Shivdasani, Gavendra Agarwal
ActeursShiney Ahuja, Esha Deol
Dir. MusicalJustin-Uday
ParolierKumaar
ChanteursKK, Sunidhi Chauhan, Suraj Jagan, Joi, Shilpa Rao, Uday Ninjoor, Shaan
ChorégraphesRemo D’Souza, Harshal-Vitthal
ProducteursKunal Shivdasani, Dinesh Vijan
Durée117 mn

Bande originale

Yaad Mein Aksar
Dekh Dekh
Koi Na Jaane
Theme Of Hijack
Aksar (Unplugged)
Dekh Dekh (Club Mix)
Yaad Mein Aksar (Remix)
Yaad Mein Aksar (Sad)

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La critique de Fantastikindia

Par Madhurifan - le 1er janvier 2009

Note :
(3/10)

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Des terroristes détournent un avion pour obtenir la libération d’un de leur chef dont la précédente tentative d’évasion a échoué. Leur vrai chef, celui qui tire les ficelles est inconnu mais on sait que c’est une taupe puisqu’il renseigne les terroristes. Enfin, c’est le spectateur qui sait parce que, parmi ceux qui entourent la taupe en question, personne n’a rien remarqué.

Pas de chance pour eux, car deux fatalités vont contrarier leurs plans (mais dois-je dévoiler un tel suspense ?). Premièrement, la fillette de Vikram Madaan (Shiney Ahuja), ancien commandant de bord dont la femme a été tuée par des terroristes (il y en a qui sont marqués par le sort), est à bord. Deuxièmement, leur avion doit atterrir à Chandigarh pour faire le plein et c’est là que travaille Vikram à qui on a retiré sa licence de pilote. Franchement, si ça, ce n’est pas de la malchance !!!

Vikram va tout tenter pour régler le problème et sauver sa fille (mais où vont-ils chercher tant d’originalité ?). Heureusement, pour le soutenir dans sa tâche, il a Saira (Esha Deol) à ses côtés. Dès lors, rien ne peut plus lui faire peur et il ira jusqu’à sauter sur l’aile d’un 747 en train de décoller après :
a) lui avoir couru après pour le rattraper pendant le décollage,
b) l’avoir poursuivi sans succès avec une voiture passerelle,
c) l’avoir rejoint en se tenant à une main après le patin d’un hélicoptère.
Au passage, le point qui ne rassure pas c’est le temps de décollage de ces gros avions !

Voilà résumée l’histoire hyper-originale de Hijack.

En ce qui concerne les personnages, les méchants sont très méchants, voire psychopathes pour certains et pire, ils n’hésitent pas à mettre leurs menaces à exécution, c’est dire s’ils sont méchants. Dans les bons, il y a d’abord les extra bons comme Vikram et eux, ils ont des hésitations, c’est dire s’ils sont gentils. Il y a aussi les abrutis comme le ministre qui doit prendre les décisions capitales.

Une mention spéciale à la subtilité du personnage de Vikram dont la cyclothymie fait peine à voir. De grands moments de joie lorsqu’il est avec sa fille aux heures sombres dans lesquelles il se renfrogne comme si on lui avait piqué son Nutella.

Au fait, vous ai-je dit que j’ai trouvé ce film complètement nul ?

J’ai lu à plusieurs reprises qu’on le comparait à Passager 57. Moi, je veux bien, mais au moins dans l’original, on ne s’ennuyait pas et les cascades étaient dignes de ce nom. Ici, tout le monde donne l’impression de faire la queue au supermarché un 24 décembre. Je me demande comment on peut encore pondre un pareil scénario en 2008. Kunal Shivdasani accumule tous les poncifs, la bande de jeunes qui part en week-end en mentant aux parents (ils seront bien punis, ça leur apprendra), les jeunes mariés qui reviennent de leur lune de miel et qui croient malin de se mêler de l’histoire, le couple de vieux dont le mari est asthmatique et donc le flacon d’anti-histaminiques est presque vide, et j’en oublie sûrement. On se croirait revenu au temps des premiers films-catastrophes US de série B.

Et les décors ? Parlons-en un peu. Ils sont d’une pauvreté absolue (c’est comme ça, l’aéroport de Chandigarh ?), le pompon étant la tour de contrôle avec une belle photo de 2m x 3m à la place de la vitre qui donne sur les pistes. Pour le reste, on fait dans le pas cher avec une magnifique carlingue et un poste de pilotage droit sorti du BHV, rayons ampoules et boutons. Ah, j’oubliais la magnifique soute dans laquelle Vikram rentre comme dans un moulin. Elle est très joliment meublée de rayonnages couverts de filets (pour éviter que ça ne tombe je suppose) mais dans lesquels les objets sont simplement empilés.

Et les acteurs ? Les deux vedettes sont Shiney Ahuja et Esha Deol. Shiney donne l’impression de se demander ce qu’il fait dans cette galère. On l’a quand même vu plus inspiré, dans Life in a Metro ou Woh Lamhe par exemple. Son jeu est particulièrement peu subtil on a du mal à croire à son implication dans l’histoire. Quant à Esha Deol, une fois de plus elle fait preuve d’une absence totale de conviction et de charisme. Pour être tout à fait franc, je ne lui ai jamais trouvé aucune qualité d’actrice. C’est d’ailleurs dommage car on aurait pu s’attendre à plus de dons avec des parents comme les siens (ceci dit, ses demi-frères, Bobby et Sunny ne m’ont jamais convaincu non plus). En second rôle, K.K. Raina (le méchant) grimace avec une conviction iznogoudienne et sans aucune subtilité lui non plus.

La musique et les chorégraphies ? Je viens de finir de voir le film et je ne m’en souviens déjà plus. Elles se noient dans l’atonie générale et rien ne surnage.

J’ai beau réfléchir, je ne vois pas ce qui pourrait justifier une indulgence quelconque. Même les effets spéciaux sont ratés. Le ridicule incendie du moteur de l’avion dont la pauvreté du trucage fait peine à voir en est un exemple.

Le seul atout d’Hijack est qu’il est court (environ 2 heures). Le supplice est donc rapide.

L’impression générale que je garde de ce film est qu’il s’agit probablement plus d’un téléfilm que d’un film destiné aux salles. A ce titre il constitue peut-être un jalon à creuser sur l’évolution en cours du cinéma indien. Après avoir occidentalisé les scénarios, raccourci les durées, Bollywood s’attaque aux formats et tente sa chance sur les téléfilms à moyen budget exportables. On oublie le Ramayana et on évite les soap trop indiens. Par contre l’action pas chère reste un bon créneau universel, surtout quand les méchants peuvent être aussi les méchants pour l’Occident. Une occasion de pénétrer un marché occidental déjà bien lobotomisé. Avis aux amateurs, Hijack convient bien aux vendeurs de "temps de cerveau disponible".

Certains vont se demander pourquoi j’ai perdu du temps à écrire la critique d’un film si nul. Une seule réponse : je suis de bonne humeur car il fait beau dehors.

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