Iyarkai

Traduction : Naturel

Année2003
LangueTamoul
GenreMélodrame / Romance
RéalisateurS. P. Jananathan
Dir. PhotoN. K. Ekambaram
ScénaristeS. P. Jananathan
ActeursPasupathy, Shaam, Seema Biswas, Kutti Radhika, Arun Kumar, Senthil, Karunas, Chinni Jayanth
Dir. MusicalVidyasagar
ParolierVairamuthu
ChanteursSujatha, Karthik, Srivarthini, Tippu, Shankar Mahadevan, Manikka Vinayakam
ChorégrapheHarikumar
ProducteurV. R. Kumar
Durée142 mn

Bande originale

Pazhaya Kural
Iyarkai Thaaye
Kaadhal Vandhaal
Alaiye Alaiye
Seetu Kattu

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Kendra - le 7 mai 2008

Note :
(7/10)

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Pour ceux qui ont lu les Nuits Blanches de Dostoïevski, ou récemment vu Saawariya en hindi, l’histoire va vous être familière. Une jeune fille (dans ce film, Nancy) attend désespérement le retour de celui qu’elle aime profondément (ici le Capitaine Mukundan). Arrive en ville (ici un port du Tamil Nadu) un jeune inconnu, libre, passionné, qui tombe fou amoureux de Nancy. Qui choisira-t-elle ? Son amour lointain, dont elle n’est même pas sûre du retour ou le nouvel amour qui s’offre à elle ?

Dostoïevski a donc inspiré un autre réalisateur indien bien avant SLB… Iyarkai se démarque de la production tamoule "traditionnelle" sur plusieurs points. A l’époque des "gros masalas bourrins qui tachent" (Dhool) ou du drame néo-réaliste hautement dépressif (Pithamagan), l’histoire d’amour traitée de manière si originale est en soi une nouveauté, mais si vous n’avez ni lu Nuits Blanches, ni vu Saawariya, je ne vais rien dire de plus, tout l’intérêt résidant dans les retournements de situation.

Cependant Iyarkai est bien meilleur qu’un Saawariya. Sans le budget conséquent de Sanjay Leela Bhansali, Jhanathan réussit tout de même à nous offrir un film agréable et original, mais encore une fois, à condition d’oublier d’où l’idée de scénario vient. Passons donc sur l’histoire. La plus grosse partie du film a été tournée à Tuticorin, c’est donc dans une ambiance portuaire que se déroule l’action. En plus d’être un décor assez peu utilisé auparavant dans le cinéma tamoul (même si paradoxalement, c’est l’une des activités prépondérantes dans la région), la mer donne une autre dimension à l’attente de Nancy, on ressent sa solitude, son désespoir, et donne lieu à des images superbes comme celle de Nancy perchée sur son phare scrutant l’horizon par exemple.

Autre nouveauté intéressante, l’utilisation de comédiens étrangers (anglais, africains, asiatiques) à part entière. Ce ne sont certes pas de grands rôles, mais ils changent des sempiternels figurants au milieu des danseurs dans les clips, et ajoutent une touche de crédibilité : dans un port, plusieurs nationalités se côtoient. En revanche, je doute un peu que tout le monde parle aussi bien le tamoul couramment. Shaam délivre une interprétation honnête et assez touchante de jeune orphelin qui veut revenir sur sa terre natale, le côté marin solitaire au grand coeur est assez sympathique. Kutti Radhika peut être exaspérante, agaçante, attachante, mais en tout cas, elle donne du relief à son personnage ; avec son "petit" caractère, Nancy oscille entre l’adolescente instable et la jeune femme prête à tout supporter simplement sur la promesse d’un retour. Arun Kumar tient le rôle-pivot et, sans être formidable, on peut comprendre la fascination qu’il exerce sur la jeune Nancy. Deux surprises dans les seconds rôles… Seema Biswas (Bandit Queen) tient ici son premier rôle en tamoul : la tante de Nancy, veuve, tenancière d’un petit boui-boui et fumeuse invétérée… Malheureusement elle est totalement sous-exploitée, et avoir une telle actrice et ne pas l’utiliser relève presque du crime… Enfin, on retrouve un certain Pasupathy en prêtre. Il n’a pas un grand rôle non plus, mais c’est un régal de le voir dans un registre différent.

Au final, Iyarkai réussit à nous intéresser, on entre facilement dans ces morceaux de vie. La musique, sans être exceptionnelle, est plutôt sympathique, notamment les chansons douces comme Kadhal Vanthaal Solliyanuppu. Le film a reçu le National Award du Meilleur Film Régional en 2003, et a été unanimement apprécié et encensé par la critique. Malheureusement, le public n’a pas suivi et le film n’a pas eu le succès tant attendu…

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