Kasi


Année2001
LangueTamoul
GenresDrame, Films sociaux
RéalisateurVinayan
Dir. PhotoP. Sukumar
ScénaristeVinayan
ActeursVikram, Kaveri, Kavya Madhavan, Rajeev, Aishwarya, Manivannan, Vinu Chakravarthy, Vadivukkarasi, Chandrasekhar, Thalaivasal Vijay
Dir. MusicalMaestro Ilaiyaraaja
ParoliersPulamaipithan, Muthulingam, Mu. Mehta, Palani Bharathi
ChanteursHariharan, Sujatha
ProducteurM. Mani
Durée138 mn

Bande originale

Aathorathile Aalamaram
En Mana Vaanil
Maanu Tholu
Naan Kaanum Ulagangal
Punniyam Thedi Kasikku
Rokkam Irukura Makkal

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La critique de Fantastikindia

Par Suraj 974 - le 17 décembre 2007

Note :
(7.5/10)

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Kasi est aveugle de naissance et gagne sa vie comme musicien itinérant afin d’aider sa famille. Il est épris de Kaveri, une jeune fille innocente et muette qui s’exprime en jouant de la vièle. Dans son petit village, tout le monde le connaît, l’apprécie et l’aide. Misant sur cette popularité, le politicien véreux en charge du district promet de lui financer une transplantation des yeux et de résoudre les problèmes de sa famille.

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Kasi chante une nature qu’il ne peut pas voir

Le réalisateur brosse le portrait d’une famille pauvre : père paralysé, mère asthmatique, fils aîné alcoolique, sœur que le mari menace d’abandonner, tous sont marqués par un destin funeste et se reposent sur les épaules fragiles de Kasi, qui n’a pas vraiment plus de chance qu’eux. Vous l’aurez compris, Kasi est un drame familial total.
Cela pourrait être misérabiliste et étouffant, mais le réalisateur a la bonne idée de ne pas forcer démesurément le trait. Il alterne avec maîtrise les moments dramatiques avec des séquences plus légères et d’autres pleines de poésie. Au lieu de s’apitoyer sur le sort de la famille il se concentre plutôt sur son personnage principal, dont il fait un portrait particulièrement émouvant. En effet, Kasi se bat pour aider sa famille et sait apprécier les quelques plaisirs simples que lui réserve la vie : l’odeur des fleurs, la brise du printemps… En dépit des épreuves, qui en auraient désespéré plus d’un, il a conservé une naïveté et une gentillesse qui le rendent particulièrement touchant et attachant, comme l’est aussi son histoire d’amour improbable avec la jeune musicienne muette. Leurs échanges ont beaucoup de charme : ils communiquent sans mots, mais via les notes de musique.

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Quand les notes remplacent les mots

Les personnages sont traités avec réalisme et interprétés avec naturel par l’ensemble des acteurs. Le réalisateur filme avec beaucoup d’humanité, il donne une vraie épaisseur à ses personnages. La cécité en elle-même sert à provoquer l’émotion, en tant que handicap physique mais aussi par rapport à ce qu’il ne voit pas du monde extérieur
Il est manipulé : parfois, pour son bien, on lui cache des choses, on le trompe et jamais il ne peut s’en apercevoir - du moins le pense-t-on. Le scénario utilise habilement toutes les ressources dramatiques de la cécité, pour amener l’émotion et développer le drame jusqu’à un final surprenant qui rompt avec la prévisibilité d’ensemble. C’est d’ailleurs l’un des seuls défauts qu’on pourrait trouver au film : à partir d’un moment il est assez prévisible. Sa dramaturgie est très classique (pour un film indien s’entend) mais elle a le mérite d’être redoutablement efficace.

Dans le rôle principal Vikram est impressionnant. Il joue l’aveugle avec un naturel sidérant. Tout le long du film il retourne ses yeux dans les orbites, de façon à ce qu’on ne voit que le blanc des yeux. C’est en soit déjà impressionnant, mais ça l’est encore plus quand on le voit pleurer ou s’énerver dans une même scène, tout en gardant les yeux ainsi. En plus de l’exploit physique, il adopte aussi la démarche, la façon de se comporter des aveugles (port de tête, sourire…). C’est bien simple, si on ne l’avait pas vu jouer dans d’autres films, on croirait qu’il est réellement aveugle. Il s’est impliqué dans son rôle à un point tel qu’à la fin du tournage il a dû être hospitalisé en urgence et mis au repos pour éviter de devenir réellement aveugle, tellement il avait sollicité ses yeux. Au final sa performance lui a valu le Filmfare Award du meilleur acteur.

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Le drame couve, mais il ne peut pas le voir

Kasi fait donc partie de ces drames qui visent à faire pleurer le public, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y parvient admirablement. Il mérite d’être vu au moins pour la performance de Vikram, qui l’a installé définitivement comme acteur de composition… mais à déconseiller absolument si vous êtes déprimé !

A noter qu’il s’agit du remake du film malayalam (Vasanthiyum Lakshmiyum Pinne Naanum) du même réalisateur, qui a été un véritable phénomène dans le sud. Il a connu un grand succès public et critique et a fait l’objet de remakes dans les principales langues du sud : tamoul donc, mais aussi telugu et même singhalais. Aamir Khan avait acheté les droits du remake en hindi à l’époque. L’acteur du film original, Kalabavan Mani, est passé tout près du National Award du meilleur acteur indien.

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