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Striker
Le palet*

Note :  (5.5/10)

Publié mardi 30 mars 2010, par Didi, Kendra
Dernière modification vendredi 21 février 2014
Article lu 1504 fois
2 commentaires

Dans les années 70, Suryakant Sarang (Siddharth) est le benjamin d’une modeste famille habitant le ghetto de Malvani à Bombay (Mumbai). Très proche de sa sœur, Devi (Vidya Malvade), qui veille sur lui comme une seconde mère, le jeune Surya admire la dextérité de son frère, Chandrakant (Anup Soni), pour le jeu de carrom. Alors qu’il est souffrant et ne peut suivre une scolarité normale, Surya passe ses journées à jouer au carrom auquel son frère l’a initié et devient même champion junior. Quelques années plus tard, Surya est devenu un jeune homme qui ne rêve que de partir travailler à Dubai afin de mener une existence ordinaire et de fonder une famille. Il est en effet amoureux de sa jolie voisine, Noorie (Nicolette Bird), une jeune musulmane étroitement surveillée par sa famille. Cet amour est partagé et Surya aurait pu être le plus heureux des hommes si le destin n’était venu le frapper cruellement dans ce qu’il avait de plus cher. Le père de Noorie, qui a surpris les timides œillades et les frôlements furtifs des deux tourtereaux, a déménagé avec sa famille, du jour au lendemain, sans laisser d’adresse. Quant au projet de départ à Dubai, l’entreprise qui était chargée de lui trouver un travail, de l’aider dans ses démarches et de l’initier à l’arabe se révèle être une escroquerie fumeuse engloutissant les deux cent mille roupies que Surya avait engagées. Son ami d’enfance, Zaid (Ankur Vikal), petit trafiquant et consommateur de drogues, lui fait alors une proposition : mettre ses talents de joueur de carrom au service de Jaleel (Aditya Pancholi), le parrain local, qui contrôle un vaste réseau de paris illégaux, afin de faire de l’argent facile et de récupérer ce qu’il a perdu. Surya accepte, apprenant à ses dépens que l’engrenage du crime organisé et de l’argent facile est un jeu bien plus dangereux qu’il n’y paraît et duquel on ne sort pas indemne, du moins moralement…

Avis de Didi (note : 7/10)

Chandan Arora, monteur (Company, 2002 ; Cheeni Kum 2007) passé à la réalisation, s’est fait remarquer par la critique pour avoir réalisé des films originaux sortant des sentiers battus du cinéma hindi à l’instar de Main Madhuri Dixit Banna Chahti Hoon ! (2003) ou de Main, Meri Patni… Aur Woh ! (2005). Striker, qu’il a mis deux ans à réaliser et à produire, est aussi un film singulier, même si certains thèmes du film, entre autres le milieu du crime organisé, ont été abordés avec plus ou moins de réalisme par le cinéma indien du nord au sud.

En utilisant la métaphore du jeu, le réalisateur se propose de nous raconter une tranche de vie de Suryakant, depuis son enfance dans un ghetto de la métropole économique indienne jusqu’à son ascension en tant que joueur de carrom, sans omettre la face sombre du personnage. En effet, Surya, tel le striker, pièce maîtresse du jeu de carrom qui vient frapper les autres jetons et les bouge par ricochets, semble être, d’une certaine façon, le palet du destin qui le frappe, le pousse à agir, le tiraille entre principes moraux et actes condamnables, motivés par la colère et la frustration.

Cet itinéraire humain est évoqué à travers une narration éclatée. Si le film s’ouvre sur 1992 et les émeutes intercommunautaires de Bombay, plusieurs flash-backs suivant un ordre chronologique évoquent la vie de Surya, de son enfance à son ascension comme champion de carrom. Après chaque flash-back, la narration revient à cette période des émeutes, moments où Surya retourne à Bombay, après être devenu champion d’Inde de carrom, et tente de rejoindre sa famille, comme si toutes les étapes de la vie du personnage, des plus heureuses aux plus sombres, et tous ses actes convergeaient vers cet instant crucial qui sera le dénouement du film. Cette narration éclatée est à la fois la force et la faiblesse du film. En effet, ce n’est qu’à la fin du film que l’on peut avoir une vision d’ensemble et comprendre comment tous les coups du destin et tous les actes du personnages ont interagi les uns sur les autres comme le striker sur les autres jetons d’une partie de carrom. Cependant, en hésitant entre drame social et film de genre, mafia ou sport, le réalisateur ne fait parfois qu’effleurer certains thèmes, comme l’esquisse de la relation amoureuse, la présentation elliptique du milieu des paris illégaux, l’évocation des émeutes, en laissant le spectateur frustré de ne voir approfondir aucun aspect précis, en particulier le jeu de carrom. À sa décharge, il faut dire que le carrom n’est pas le billard : se jouant à deux sur un plateau, ce jeu ne permet pas de plans larges, de virtuosité ou d’effets spectaculaires dans la mise en scène.

Siddharth, que l’on ne présente plus aux amateurs de cinéma du sud, livre une prestation honnête, délaissant ses rôles d’amoureux transis et mis à l’épreuve (Bommarillu, Nuvvostanante Nenoddantana) pour renouer avec un personnage plus complexe, confronté à des choix aux conséquences fatales ou rédemptrices à l’instar de ceux qu’il avait pu jouer dans Rang de Basanti ou Aayutha Ezhutu. Son aspect juvénile, en dépit de la trentaine passée, le rend crédible dans ce personnage à la fois déterminé et vulnérable. Aditya Pancholi, qui exhibe une cicatrice au visage, compose un truand charismatique et machiavélique. Quant à Ankur Vikal, l’affreux trafiquant d’enfants de Slumdog Millionaire, il crève l’écran dans le rôle de l’ami d’enfance qui a mal tourné. Malheureusement, dans cette histoire d’hommes, les personnages de femmes restent au second plan et ne permettent pas aux actrices (Padmapriya, Vidya Malvade ou Nicolette Bird) de donner toute la mesure de leur talent.

Quant à la bande originale, qui comporte de très beaux titres tels Cham Cham, interprété par un Sonu Nigam au mieux de sa forme, Haq se le haq se, qui marque les débuts dans la musique des films hindis du compositeur tamoul Yuvan Shankar Raja, ou encore Maula et Yun Hua, chanté par Vishal Bhardwaj, elle sert essentiellement d’accompagnement à certaines scènes et ne donne pas lieu à des séquences chantées ou dansées classiques. On ne peut que regretter qu’une excellente chanson comme Bombay, Bombay, chantée par Siddharth lui-même, n’ait servi qu’à faire la promotion du film et n’ait même pas été utilisée pour le générique de fin.

Avis de Kendra (note : 4/10)

Deux ans, c’est le temps qu’il a fallu à l’équipe pour pouvoir finaliser Striker, projet alléchant s’il en est puisqu’il marque le retour dans l’industrie du nord de Siddharth sous la direction de Chandan Arora (dont les deux précédents films n’ont pas su rencontrer leur public, mais ont plu aux critiques) depuis son unique et énorme succès hindi, l’excellent Rang de Basanti. Entre temps l’acteur n’a pas chômé, il est simplement retourné dans le sud où il est, comme il se définit lui-même, "le Shahrukh de l’industrie telugue", s’amusant ainsi de l’image d’éternel amoureux dont il jouit par là-bas.
Ainsi ce rôle de Surya est un radical changement de style. Loin d’être une grosse production cependant, le film n’a presque aucune publicité en Inde au moment de sa sortie… jusqu’à ce coup merveilleux. Les producteurs ont réussi à passer un accord avec Youtube pour mettre le film en ligne le jour même de sa sortie en Inde. Bien entendu non accessible depuis l’Inde, il faut payer un peu moins de 5 dollars aux USA pour voir le film sous-titré dans le confort de sa maison. Autre bonne nouvelle, le film est gratuit dans tout le reste du monde !

Dès les premières minutes du film cependant, malaise. Le montage semble particulier, impression qui va se confirmer tout au long du film. Construit comme un aller-retour incessant entre le passé et le présent (soit entre les années 80 et 1992), la narration devient rapidement difficile à suivre tant les plans s’enchaînent brusquement sans apparente continuité. Heureusement l’image est magnifique, le travail sur les décors pour coller aux années 80/90, la lumière, tous ces petits détails comptent et titillent la curiosité, ce que ne fait pas l’histoire qui commence.

Avec un titre pareil, on s’attend à voir un film à la Chak De India ! ou Lagaan, sur un sport un peu obscur tout de même, il faut avouer. Rassurez-vous, le carrom est loin d’être le sujet principal du film, ce n’est qu’un prétexte pour montrer l’engrenage du personnage dans ses relations avec la mafia locale. Les rares scènes de jeu sont pourtant superbement filmées et arrivent à rendre intéressante cette pratique pourtant loin d’être spectaculaire. On en vient même à regretter qu’il n’y ait pas plus de scènes ! Puisque le désir du film n’est apparemment pas d’inciter la population à s’inscrire dans les ligues indiennes de carrom, quel est le but de Striker ? Dépeindre la vie à Malvani, un quartier mixte (comprendre hindou et musulman) de Bombay… Le film prend alors une toute autre dimension, et on déplore un scénario bâclé et une écriture superficielle des personnages, ne nous permettant jamais en plus de deux heures de comprendre réellement leurs motivations. Avant la sortie du film, les rumeurs laissaient penser que Striker serait une sorte de biopic du joueur Suryakant Sarang. Or, au début du film, le réalisateur nous prévient que tout est fiction. C’est là le problème, les erreurs deviennent alors impardonnables puisqu’elles n’étaient plus nécessaires.

On tente tant bien que mal de trouver un intérêt à suivre la vie de ce quartier où les gens arrivent le temps d’une chanson et disparaissent aussitôt. Mais c’est dans le dernier quart d’heure que le film bascule dans une débauche de n’importe quoi. Le personnage principal, jusque-là présenté comme gentil, presque saint, viole la seule jeune femme qui l’aide dans un accès de colère. La scène en elle-même est filmée de façon extrêmement dérangeante puisque c’est un gros plan sur le visage de l’actrice Padmapriya, jouant la résignation. Arora montre-t-il le remords du personnage masculin ? Eh bien non, puisqu’apparemment Surya n’a aucun scrupule et peut encore se regarder dans une glace et être le héros du film. On a l’impression de cauchemarder et de revenir aux films des années 70 où on arrangeait la question du viol en mariant le violeur et sa victime… procédé utilisé dans Striker. Il est tout à fait inadmissible de présenter, en 2010, le viol comme acceptable, et d’essayer de faire passer le tout sous l’excuse du désir de coller à la réalité des faits, surtout si ce n’est pas un biopic, comme précisé en début de film. Si vous n’êtes pas encore totalement dégoûtés, voilà de quoi l’être. Le film qui pendant plus d’1h45 se veut ancré dans la réalité bascule dans le masala bourrin dans son dernier quart d’heure, et Siddharth qui n’a jamais joué ce rôle dans le sud, rappelons-le, se transforme en un avatar de Mahesh Babu, dégommant à lui tout seul tout un gang et achevant le grand méchant à coup de bloc de pierre. Pour le réalisme on repassera. Et pour l’intérêt aussi. Mettons-nous d’accord, le masala ne me dérange pas, bien au contraire, mais ce changement brutal de style oui.

Siddharth est assez décevant dans Striker à cause d’un jeu monolithique, détaché, loin de ce qu’il est capable de faire normalement. Les talents de Seema Biswas et Padmapriya ont simplement été honteusement sous-exploités. Un dernier petit mot sur la si belle musique, elle aussi bien mal utilisée.
Une réelle déception que ce Striker même si l’occasion de voir un film légalement sur Youtube ne se manque pas.

*Le striker ou palet est la pièce grâce à laquelle, dans le jeu de carrom, le joueur vise et tire sur les autres jetons du jeu (cf. règles du carrom)

PS : Merci à Candice pour le prêt des captures ;)

Fiche technique :

Réalisateur et producteur : Chandan Arora
Scénario : Chandan Arora, Sunita Rajwar
Acteurs : Siddharth, Aditya Pancholi, Ankur Vikal, Anupam Kher, Seema Biswas, Padmapriya, Nicolette Bird, Vidya Malvade
Directeur de la photographie : P.S. Vinod
Montage : Sajit Unnikrishnan
Musique : Yuvan Shankar Raja, Amit Trivedi, Blaaze, Shailendra Barve, Swanand Kirkire, Vishal Bhardwaj
Distributeur : Studio 18
Langue : Hindi
Année : 2010
Support : A voir légalement sur la chaîne youtube de Studio18



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