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Gadar - Ek Prem Katha

Note :  (7.5/10)

Publié lundi 12 janvier 2004, par Eulika
Dernière modification vendredi 7 mars 2014
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2 commentaires

Le 15 août 1947 marque la naissance de l’Union indienne, précédant d’un jour celle du Pakistan. Dès le lendemain de la réalisation théorique de la partition a lieu le plus grand déplacement de population de l’Histoire ; dix millions d’hindous du Pakistan et de musulmans de l’Union indienne rejoignent le pays de leur communauté respective. Durant cet exode, caractérisé par un sentiment de rejet et de haine, un million de personnes sont massacrées par des pillards et des bandes armées.

L’action du film se déroule au Punjab (province du Nord de l’Inde), lequel est alors divisé en deux, le Punjab occidental étant concédé au Pakistan. Dans ce contexte difficile, la famille aisée de Sakeena (Amisha Patel), musulmane, décide de fuir les émeutes et de gagner le Pakistan. À la gare d’Amritsar, Sakeena est séparée de ses parents par une foule de musulmans qui tente d’échapper à des punjabis sikhs et hindous cherchant à venger les leurs, assassinés lors de l’exode. Tara Singh (Sunny Deol), un Jat Sikh (un sikh qui n’a pas à porter la barbe, un mona), conducteur de camion et ami de Sakeena, la prend dès lors sous sa protection, tandis que la gare n’est plus qu’une vaste place parsemée de cadavres. Tara porte amour et affection à Sakeena, oubliant leurs divergences religieuses et la rancoeur qu’il a éprouvée, ses parents et ses sœurs ayant été sauvagement tués dans un train qui devait les amener à Amritsar. Convaincue de la mort de sa famille, Sakeena tombe peu à peu amoureuse de son sauveur épris d’elle depuis leur première rencontre. Acceptée par l’oncle de Tara, ils se marient et ont un enfant. Le bonheur et l’amour remplissent leurs journées, jusqu’à ce que Sakeena découvre un article parlant de son père (Amrish Puri), nouveau maire de Lahore. Elle l’y rejoint, contrainte de laisser son mari et leur fils derrière elle pour cause de formalités de visa (difficultés orchestrées par son propre père). Sa famille la séquestre alors afin de la marier à un Pakistanais, reniant sa vie d’après leur séparation. Tara, après une longue attente sans nouvelles, part alors à sa recherche.

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Tara prend Sakeena sous sa protection

La réalisation du film s’est voulue pointilleuse quant au respect des mises en situation de l’époque. Deux scènes dégagent une atmosphère particulière à la partition. Tout d’abord, la scène du train au début est époustouflante. Très crue, elle accentue l’effarement que le spectateur ressent quand un silence impénétrable envahit le quai d’Amritsar après le massacre du train parti du Punjab occidental. Dans la seconde partie, le père de Sakeena exerce un chantage moral sur Tara. La scène où ce dernier doit se convertir à l’islam et refuse de crier « Pakistan zindabad » (« Longue vie au Pakistan ») pour crier « Hindustan zindabad » (« Longue vie à l’Inde ») avec son fils est à l’image du nationalisme véhiculé, voire incarné par Sunny Deol tout le long du film. On regrettera certainement que ce soit les deux seuls passages où la gravité du contexte historique soit incorporée de manière si prenante au destin de nos deux héros. On apprécie le « flashback » judicieusement situé dans la trame pour nous faire découvrir la rencontre entre Sakeena et Tara. Néanmoins, on se frotte les yeux pour être sûr de ne pas avoir imaginé le pare-brise changer de forme à maintes reprises en fin de première partie ! Car la réalisation n’est pas sans défaut… Saviez-vous que l’on trouve des cocotiers au Punjab ? Je l’ignorais moi aussi !

Sakeena traumatisée


Des chansons, on ne retiendra que Udja kale kawan, non pas pour sa profondeur, mais pour sa répétition. Outre la pauvreté des chorégraphies (heureusement qu’Amisha Patel pratiquait la danse avant le début de sa carrière), la musique souffre d’anachronisme ; la chanson Que sera sera date de 1956, alors que la scène dans laquelle elle est incorporée est antérieure aux années 40. Toutefois, la touche de banghra des chansons leur donne un ton qui colle parfaitement au film.

Anil Sharma a incontestablement mis en valeur le jeu de Sunny Deol (fils de Dharmendra Deol) dans le rôle de Tara Singh. Sunny Deol a obtenu en 2002 le « Lux Zee Cine Awards » pour sa performance. Cependant, son personnage est peu convaincant lorsqu’il use ses cordes vocales à gogo afin de disperser ceux qui se mettent en travers de son chemin… Non, je n’exagère rien ! Amisha Patel est formidable, criante de sincérité dans l’évolution de Sakeena qui, au départ jeune fille vulnérable, devient une épouse épanouie puis une mère touchante. Le couple Sunny Deol - Amisha Patel est magnifique. Leurs regards et leurs gestes amoureux nous laissent ébahis. Quant à Amrish Puri, il reste égal à lui-même, tenant le rôle du père qui souhaite le meilleur pour sa fille sans pour autant vouloir compromettre sa fierté. L’enfant joue son rôle sans surjouer les attitudes d’un enfant ordinaire. On voit en lui la personnification de l’amour de ses parents.

Beaucoup ont douté de la qualité de ce film avant même sa réalisation… En effet, à cette époque, Sunny Deol était dans une période creuse de sa carrière, tout comme Anil Sharma, dont le dernier film, Maharaja (1998), avait été un véritable désastre. De plus, Amisha Patel, qui avait déjà signé pour Gadar, n’avait tourné qu’un seul film, Kaho Naa Pyar Hai (2000) aux côtés de Hrithik Roshan. Au-delà de la réussite au box-office de Kaho Naa Pyar Hai, Gadar a indubitablement révélé l’intérêt que l’on doit porter à cette nouvelle actrice au visage d’enfant. Le succès fut au rendez-vous, car la partition de l’Inde est un sujet qui reste vif, bien que l’histoire de Tara et de Sakeena s’inscrive dans un schéma bollywoodien assez classique. Gadar est resté à l’affiche durant 18 semaines et est devenu le plus gros succès de tous les temps en Inde (en ne tenant pas compte de l’inflation), succès sans doute quelque peu freiné par Lagaan, sorti à la même époque. Le duo Anil Sharma et Sunny Deol s’est reformé par la suite en 2003 pour The Hero, un autre film patriotique, espérant connaître un accueil similaire à celui de Gadar. On peut se réjouir que des films à l’apparence plus historique que commerciale aient un tel succès.

Le hurlement de Sunny Deol en image


Le thème de la partition dans Gadar n’est toutefois qu’une toile de fond, c’est pourquoi le film n’est pas à conseiller pour son aspect historique, bien qu’il donne un léger éclairage sur les sentiments belliqueux des “deux frères ennemis”. Les répliques patriotiques de Sunny Deol sont à la limite du racisme et diffusées en écho pour les mettre en valeur… Or, il s’agit d’une histoire d’amour au cœur d’un environnement haineux : pourquoi ne pas combattre l’intolérance par l’amour ? Gadar fait partie de ces films récents qui ravivent dangereusement l’étincelle dans la relation tendue qu’entretiennent l’Inde et le Pakistan. Mais Gadar concerne aussi et surtout deux personnes qui doivent lutter pour ACQUÉRIR la liberté de s’aimer dans la paix et le respect de leurs pairs respectifs. Cet amour parviendra-t-il à passer outre les frontières, les différences sociales et religieuses qui le condamnent ? Compte tenu de l’aspect patriotique du film, la réponse va de soi, mais je m’abstiendrai de vous la donner, histoire de… !


UDJA KAALE KAWAN - MARIAGE

Ud jaa kaale kaawaa tere mu.nh vich kha.nD paanwaa
Envole-toi, corbeau noir, avec un morceau de cette terre dans ton bec
le jaa tuu sa.ndesa mera mai.n sadqe jaavaan
Je me prosterne pour que tu emportes mon message

baago.n me phir jhule paD gaya pak gaya miTHiyaa.n a.mbiyaa
Les balançoirs sont de nouveau dans les jardins, les mangues ont mûri
yeh chhoTii sii zi.ndagii de raat lambiya lambiya
L’existence est bien courte, mais ses nuits sont si longues
o ghar aa jaa pardesii ki terii merii ik jinarii…
Ô, rentre à la maison, exilé, car ta vie et la mienne ne forment qu’une

cham cham karta aayaa mausam pyaar ke giiton ka…
En tintant, la saison des chants d’amour est arrivée
raste pe a.nkhiyaa.n rasta dekhe bichare miito.n ka
Sur la route, mes yeux ont cherché la trace de ceux dont j’ai été séparé
aaj milan kii raat naa chheDo baat judaa’ii waalii
C’est la nuit de notre union, ne parle pas de séparation
mai.n chup tuu chup pyaar sune bas pyaar hii bole khaalii
Toi et moi sommes silencieux, seul l’amour doit pouvoir parler librement

o ghar aa jaa pardesii ki terii merii ik jinarii…
Ô, rentre à la maison, exilé, car ta vie et la mienne ne forment qu’une
o miitra o yaara yaarii toDke mat jaana…
Ô mon amour, mon ami, ne t’en va pas en brisant cet amour
main ne jag chhoDa tuu mujhko chhoDke mat jaana
J’ai laissé le monde pour toi, alors ne me laisse pas

aisa ho nahii.n sakta ho jaa’e to mat ghabaraana
Cela n’arrivera jamais, mais si cela arrivait, ne t’en fais pas
mai.n dauDii aa’uu.ngii tuu bas ek aawaaz lagaana
Je viendrai en courant, tu n’auras qu’à m’appeler juste une fois !

Chanson traduite par Angel-Mumtaz

Fiche technique :
Réalisateur, scénariste : Anil Sharma
Pays : Inde
Année : 2001
Interprètes : Sunny Deol, Amisha Patel, Amrish Puri, Suresh Oberoi, Lillette Dubey, Om Puri (narration)
Directeur de la photographie : Najeeb Khan
Compositeur : Uttam Singh
Parolier : Anand Bakhshi
Chorégraphe : Jay Borde
Producteur : Nittin Keni (pour Zee TV)
Durée : 186 min
Support : DVD Eros, en hindi, sous-titres anglais



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