Hazaaron Khwaishein Aisi

Traduction : Un millier de rêves comme celui-ci

Année2005
LangueHindi
GenresDrame, Films semi-commerciaux
RéalisateurSudhir Mishra
Dir. PhotoRavi K. Chandran
ScénaristesSudhir Mishra, Shivkumar Subramaniam, Sanjay Chauhan, Ruchi Narain
ActeursKay Kay Menon, Shiney Ahuja, Chitrangada Singh, Yashpal Sharma, Saurabh Shukla
Dir. MusicalShantanu Moitra
ParoliersSwanand Kirkire, Ajay Jhingran
ChanteursSwanand Kirkire, Ajay Jhingran, Shubha Mugdal, Sriram, Shubha Joshi, Smita Malhotra, Karsan Zakaria
ChorégrapheGilles Chuen
ProducteurRangita Pritish Nandy
Durée119 mn

Bande originale

Baanwra Mann - Female
Hazaaron Khwaishein Aisi
He Sajni - The Club Mix
Qawwali - Mann Yeh Bavra
Bavra Mann - Female Version II
Na Aaye Piya - Thumri
He Sajni
Hazaaron Khwaishein Aisi II
My Sharona
Someday My Prince Will Come
Cheek To Cheek

En savoir plus

Fiche IMDB
Page Wikipedia
La critique de Fantastikindia

Par Suraj 974 - le 22 février 2007

Note :
(10/10)

Article lu 1899 fois

Galerie

Hazaaron Khwaishein Aisi explore un chapitre agité de l’histoire indienne, la période comprise entre la fin des années 60 et le milieu des années 70 : celle de la guerre du Viet-Nam et du Flower power, de l’État d’urgence et de la montée du mouvement Naxalite en Inde, de la Guerre civile au Bangladesh.
En ces temps troublés trois étudiants de Delhi, forts des idéaux de leur jeunesse, sortent de l’université pour se heurter à la dureté du monde extérieur. En d’autres circonstances leur vie aurait pu être celle de n’importe quels jeunes ordinaires. Mais les évènements les amèneront à prendre des directions différentes tout en restant liés par une forte amitié.

Il s’agit de Vikram Malhotra (Shiny Ahuja), d’origine modeste, amoureux de la belle et brillante Geeta (Chitrangada Singh) qui ne le considère que comme confident car elle est éprise du charismatique Siddarth (Kay Kay Menon), fils d’une riche famille d’industriels et amoureux de… politique.
Vikram tisse des liens avec les membres du parti du Congrès au pouvoir et gravit peu à peu les échelons, tandis que Siddarth s’engage activement dans le mouvement révolutionnaire Naxalite au Bihâr, et que Geeta épouse un bureaucrate. Mais elle continue à voir Siddarth, et reste en contact avec Vikram qui utilise ses relations pour sortir ses camarades de l’embarras.
Le film suit leur évolution, d’abords jeunes et insouciants ils gagnent en maturité, leurs idéaux s’effritent face à la réalité du monde, ils changent et regrettent le passé…

Hazaaron Khwaishein Aisi est autant le portrait d’une époque que celui d’un groupe d’individus, avec les relations qui se nouent entre les protagonistes selon le contexte et la manière dont celui-ci les a fait évoluer. L’écriture des personnages est exceptionnelle. Ils sont tous psychologiquement complexes, avec leurs forces qui les rendent admirables, et leurs faiblesses qui les rendent d’autant plus attachants qu’on les voit évoluer au fil du temps.

Le film est porté par les interprétations magistrales des trois acteurs principaux. Shiny Ahuja hérite du personnage le plus intéressant car mystérieux. Entre amoureux transi et arriviste politique son personnage contradictoire et contrasté est insondable et fascinant. Issu d’un milieu modeste il pense pourtant que la révolution est un loisir de riches et préfère rentrer dans la danse de la politique classique, alors que son ami Siddarth fils de riche et communiste convaincu veut faire la révolution pour le bien du petit peuple - auquel il n’appartient même pas. Le jeu intense de Kay Kay Menon (Sarkar, Bhopal Express) fait une nouvelle fois merveille dans ce rôle poignant d’idéaliste qui voit peu à peu ses rêves et sa raison d’être s’écrouler.
Ils voleraient presque la vedette à Chitrangada Singh, la véritable révélation du film. Elle interprète brillamment cette femme forte en apparence, mais indécise entre la sécurité de son mari et son amour illicite pour Siddarth dont elle partage les idéaux. Charismatique et belle, la presse indienne la compare à rien moins que la Grande Smita Patil - c’est dire si sa prestation a impressionné.

La musique n’est présente qu’en fond sonore, il n’y a pas de scènes musicales chorégraphiées. Elle associe la mélancolie de Jagjit Singh à la pop occidentale des années 60-70 (Beatles etc…)
Sudhir Mishra réalise un portrait fascinant de cette période, à la fois cruelle par sa violence et sa misère, et enviable car les rêves y semblaient encore accessibles. Entre nostalgie et tristesse, sa description réaliste et complexe de cette société imprime en nous une mélancolie tenace. Qu’aurions-nous fait si nous avions eu l’âge des personnages dans le même contexte ?

Vous l’aurez compris, Hazaaron Khwaishein Aisi est une petite merveille, probablement le meilleur film de l’année 2005. Après Yuva/AE et Rang De Basanti, il marque décidément le retour remarqué des thèmes politiques sur les écrans indiens. C’est une nouvelle fois la preuve que le cinéma d’auteur indien se porte bien. Si contrairement à ses deux homologues plus commerciaux il n’a connu qu’un succès public limité, il a été acclamé par la presse et a remporté de nombreux trophées.
Cette coproduction française a été présentée dans divers festivals internationaux dont le Festival International du Film de Berlin 2005, où il a été très remarqué.

Commentaires
2 commentaires