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New York Masala
Kal Ho Naa Ho

Note :  (7/10)

Publié samedi 2 octobre 2004, par Suraj 974
Dernière modification vendredi 7 mars 2014
Article lu 3780 fois
5 commentaires

Après le succès de ses films précédents, Kuch Kuch Hota Hai et Khabi Khushi Kabhie Gham, Karan Johar revient avec son troisième film, mais cette fois uniquement en tant que producteur et scénariste, puisqu’il cède la casquette de réalisateur à son ancien assistant Nikhil Advani.
L’histoire située dans la communauté indienne de New York, est centrée autour de trois personnages, Naina (Preity Zinta), Rohit (Saif Ali Khan), et Aman (Shah Rukh Khan). Naina est issue d’une famille instable, brisée par le suicide du père et rythmé depuis lors par les conflits incessants entre la mère catholique (Jaya Bachchan) et la grand-mère hindoue. Rohit le meilleur ami de Naina, est un jeune cadre new-yorkais, célibataire, recherchant désespérément l’âme sœur. Aman va s’immiscer dans leurs vies, résoudre leurs problèmes et embellir leur vie, au mépris de la sienne.
Le film s’organise en deux parties, ce qui devient une habitude chez Karan Johar puisqu’il procédait de même dans KKHH et K3G. La première partie est une comédie totalement jouissive, alors que la seconde se veut beaucoup plus dramatique.

La première partie est de loin la plus brillante du film. Elle adopte un ton résolument comique, débridé et désinvolte. Les dialogues remarquablement écrits sont redoutablement efficaces et les situations très bien pensées. Tout est parfaitement agencé et exécuté grâce à des procédés assez innovants, tel les split-screens, les effets d’avance rapide, de ralenti ou même de gel de l’image. Le film se permet de parler de sujets sensibles, comme l’homosexualité, mais en utilisant l’humour ce qui désamorce toute tension. Tous les types de comiques (répétition, situation, langage), sont employés avec un talent certain.
C’est aussi un régal pour l’amateur de films hindis, de par l’abondance de clins d’œils à d’autres films et la présence en caméos de comédiennes des précédents films de Karan Johar. C’est devenu une marque de fabrique, mais ici il les multiplie. Il y a notamment une séquence d’anthologie où il reprend en intégralité la chorégraphie de ‘Chale Chalo’ de Lagaan, mais en la resituant dans le contexte de la rénovation d’un restaurant !!! Un grand moment…
La réussite de cette première partie est en grande partie due aux acteurs, qui y sont tous excellents. Shah Rukh Khan plus sobre qu’à l’habitude retrouve avec bonheur son ton cabotin de Shakti et se révèle vraiment très drôle. Saif Ali Khan montre de très bonnes dispositions tant pour la comédie que pour le drame, même s’il est un peu éclipsé dans la seconde partie. Il confirme amplement tout le bien qu’on pensait de lui après sa déjà prometteuse performance dans Dil Chahta Hai. Mais c’est surtout Preity Zinta qui sort du lot. Elle porte littéralement le film sur ses épaules et nous sert une performance toute en sensibilité qui à elle seule vaut de voir le film.

Malheureusement tout retombe dans la seconde partie. Pourtant, le scénario laisse planer un doute tout le long du film, on sent que quelque chose de terrible va arriver, mais lorsque le drame se noue…. Il ne se passe rien. Ou plutôt si, mais on n’y croit pas. Autant la réalisation était précise, aiguisée, stupéfiante de maîtrise dans la première partie, autant elle pêche totalement dans la seconde. Elle est pourtant servie par un excellent scénario, réglé comme du papier à musique, mais se révèle étrangement maladroite. Autant dans Kuch Kuch Hota Hai on était en larmes, autant dans Khabi Khushi Kabhie Gham notre cœur se retournait, autant là on est au mieux un peu ému. Même Shah Rukh khan qui bénéficie de passages particulièrement larmoyants et émouvants, donc taillés sur mesure, est peu convaincant. On ne croit pas un seul instant à ce qui lui arrive, alors que dans Devdas sa douleur était criante de vérité.
On pourrait dire qu’il y a un manque d’équilibre dans la structure du film, on a l’impression que le réalisateur a voulu faire une comédie et le producteur un drame. Si bien que les deux se télescopent et fonctionnent difficilement ensemble.

Pour parachever la déception, l’un des plus gros défauts concerne la musique - impardonnable pour un film Bollywood. Elle est plus que moyenne. En dehors de la très belle chanson-titre, remarquablement interprétée par Sonu Nigam et bien mise en scène, les autres sont nettement un ton au-dessous, elles manquent cruellement d’intensité.
Néanmoins, sous son aspect comique, le film aborde des sujets plus profonds et plus graves, qu’effectivement seul l’humour pouvait permettre de traiter sans tomber dans un didactisme un peu scolaire. Le message du film est clairement qu’il faut profiter de chaque instant que nous offre la vie (son tire signifie littéralement « Demain peut ne pas être »). Mais au-delà, on peut voir en lui un message patriotique typiquement indien, prônant l’unité entre les différentes communautés indiennes (ici les gujrati et les punjabis) qui ne cessent de se disputer inutilement même en dehors de leur pays, en montrant à chacune ses défauts. C’est Aman venant directement de l’Inde qui vient résoudre leurs problèmes, comme un symbole de l’Inde aidant ses enfants égarés, se sacrifiant pour eux. De même, c’est en transformant leur restaurant ‘café New York’ en ‘café New Delhi’ qu’ils trouvent le succès. Le film prône la tolérance, l’altruisme, à l’image d’Aman qui se sacrifie pour le bonheur des autres sans rien espérer en retour, au mépris de sa propre vie déjà si fragile. .

Par ailleurs on peut trouver au film un autre niveau de lecture, lié à la religion hindoue, qui va au-delà de la trame scénaristique apparente. La dernière phrase prononcée par Aman : "ce qui n’est pas achevé dans cette vie le sera dans les prochaines", inscrit le film dans une logique karmique. De même ce personnage qui lève tout les obstacles, peut évoquer un Ange, mais aussi le dieu Ganesh qui a également cette fonction. En fin de compte, ce film qui paraît occidentalisé sous prétexte qu’il est situé à New York, est on ne peut plus traditionnellement Indien, il est même certainement plus indien que bien des films situés en Inde.

En définitive, loin d’être le chef-d’oeuvre attendu, Kal Ho Naa Ho vaut principalement pour sa première partie hilarante et ses interprétations de grande qualité. On peut toutefois regretter que cette très bonne impression soit gâchée par une seconde partie dramatique trop convenue qui tombe un peu à plat. Il en ressort malgré tout que le talent de Nikhil Advani est certain, car ce premier film est déjà une belle réussite.

Voir les chansons de Kal Ho Naa Ho traduites en français

Réalisateur : Nikhil Advani
Pays : Inde
Année : 2003
Interprètes : Shah Rukh Khan, Preity Zinta, Saif Ali Khan, Jaya Bachchan, Sonali Bendre, Satish Shah
Scénariste : Karan Johar, Niranjan Iyer (Dialogues)
Directeur de la photographie : Anil Mehta
Compositeur : Shankar Ehsaan Loy
Paroles : Javed Akhtar
Chorégraphes : Farah Khan
Producteurs : Yash Johar et Dharma Productions
Durée : 180 min
Support : Cinéma



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