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My Name Is Khan

Note :  (7.5/10)

Publié lundi 24 mai 2010, par Maya
Dernière modification lundi 3 février 2014
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35 commentaires

Rizvan Khan (Shah Rukh Khan) est atteint du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme qui altère ses relations avec le monde extérieur : impossibilité d’affronter le regard d’autrui, peur panique devant la couleur jaune, sens particulier de la réalité et repères simples comme l’amour, la prière et la tolérance religieuse, des valeurs inculquées par sa mère musulmane. A la mort de celle-ci, il rejoint son frère à San Francisco et rencontre bientôt Mandira (Kajol), coiffeuse, divorcée et mère d’un petit garçon, Sam. Mandira et Rizvan se marient et vivent heureux avec Sam, mais après le 11 septembre 2001, leur vie devient difficile car leur entourage non-indien les assimile aux ennemis des Etats-Unis. Le drame frappe à leur porte, Mandira en rend Rizvan responsable, celui-ci décide alors d’aller rencontrer le président des USA pour lui dire "My name is Khan and I am not a terrorist". Il pense ainsi reconquérir Mandira. Ce long voyage apportera son lot d’aventures et de mésaventures.

Il n’y a pas que les personnes atteintes du syndrome d’Asperger qui aient un sens particulier de la réalité et des repères simples, Karan Johar aussi. Dans La Famille Indienne, il nous embarquait dans une sorte de conte de fées moderne, aux confins du merveilleux. My Name Is Khan se veut réaliste, mais en poussant le volume de l’émotion à fond, et le résultat est à la limite du discordant.

Le film a pourtant des qualités, le discours humaniste est louable, le changement du climat social après ce 11 septembre fatidique, est rendu assez adroitement. Le choix des personnages met en avant l’innocence, celle d’une mère, celle d’un enfant, celle d’un adulte handicapé, autant de sensibilités qui vont se retrouver confrontées à une réalité qui en apparence n’a pas changé, mais dont des pans entiers s’effondrent brutalement, jetant sur des chemins inconnus ces gens ordinaires ou presque.

S’il n’y a pas de clips, pas de danse dans My Name Is Khan, néanmoins la musique est omniprésente et c’est un point fort du film, les qawwali sont splendides, d’une grande douceur (voir l’article de Jordan White sur la musique du film).

On ne peut pas rester insensible à la gaucherie de Rizvan, à la tendresse immense qui habite son personnage, à l’espièglerie puis à la douleur de Mandira. Certaines scènes sont très émouvantes, notamment la rencontre de Rizvan avec Mama Jenny et sa communauté afro-américaine. Le parallèle entre celle-ci et la communauté indienne est intéressant, en revanche la métaphore du naufrage d’une certaine idée de l’Amérique symbolisé par la communauté inondée, est franchement "too much". C’est précisément ce côté "too much" qui dessert le film.
Car l’émotion est bien là dans My Name Is Khan, celle qui surgit des personnages, de leurs interactions, du jeu des acteurs et de la mise en scène de l’ensemble du film. Était-il besoin d’aller chercher les effets dramatiques ? car c’est cela qu’on retient d’une première vision, ce côté un peu tapageur, et c’est dommage car en fait le film vaut mieux que ça. On peut aussi reprocher au scénario certaines facilités, par exemple, avoir fait de Rizvan un vendeur de produits de beauté n’est pas plausible, mais c’est pratique pour qu’il rencontre Mandira qui est coiffeuse.

Venons-en à Kajol et Shah Rukh Khan, qui sont la raison d’être, l’essence même du film. Ils jouent très bien, on est heureux de les voir réunis à l’écran mais le parti pris du handicap de Rizvan est frustrant car il nous prive de l’essentiel : les regards de Shah Rukh Khan. Là où Fanaa avait composé avec la cécité du personnage de Kajol, My Name Is Khan garde le parti pris du handicap et essaie de faire passer l’émotion autrement que par les regards, ce qui n’est pas chose aisée et oblige à forcer le trait dans les situations, les mimiques. A première vue, l’ensemble manque de nuance, de subtilité. Après une deuxième vision, force est de constater que faire passer l’émotion malgré ce manque de regards est un tour de force, et cette composition est pour Shah Rukh Khan une véritable prouesse. Il s’applique à effacer non seulement son regard, mais aussi sa célèbre démarche, ses intonations, sa gestuelle. Pour les fans, c’est à la limite du supportable. Mais il faut saluer sa performance, digne d’une Rani dans Black. Kajol est égale à elle-même, adorable et espiègle dans la première partie du film, elle s’affirme également dans un registre plus dramatique qu’on lui connaissait moins, dans la seconde partie.

Quant aux personnages secondaires, si Jimmy Shergill (le frère) est hélas sous-exploité, le personnage de sa femme est un fil conducteur discret mais attachant.

Pour finir, il est impossible de regarder le film sans penser à Rain Man et Forrest Gump, dont se sont (trop) largement inspirés Karan Johar et Shah Rukh Khan : pour résumer, c’est Rain Man qui joue dans Forrest Gump. Sans la subtilité des relations entre les frères pour le premier, sans la poésie délicate et décalée du second. On aurait aimé un film plus radicalement différent, mais My Name Is Khan apporte quand même une composante qui lui est propre : l’émotion. Là où les films américains nous faisaient sourire, ce film indien nous fait frémir, nous fait pleurer, pas parce que l’histoire est triste, mais parce que l’histoire est belle.

On ne peut donc pas dire que Karan Johar renie ses racines avec ce film, même si My Name Is Khan est ouvertement construit de façon à plaire à un public international. Ce faisant, il prend des risques en Inde en se positionnant sur un créneau peu habitué aux hits, celui des films qui font réfléchir sans chercher à divertir. Arrivera-t-il pour autant à convaincre le public occidental ? Les Américains risquent de ne pas apprécier l’image qui est donnée de leur pays. Les Européens risquent de faire la grimace devant le côté "too much". Mais tous se laisseront peut-être emporter par l’émotion…
Les fans de Bollywood risquent aussi de ne pas y trouver leur compte, s’ils cherchent le côté "conte de fée" de Kabhi Khushi Kabhie Gham et Kuch Kuch Hota Hai. Quant aux fans de Shah Rukh Khan, ce film sera presque pénible pour eux, et ils devront dépasser leur frustration. On a déjà vu, avec Asoka notamment, que lorsqu’il s’écarte trop de son image, ses fans ne le suivent pas forcément.

Cependant le film a fait une excellente première semaine au box-office en Inde (malgré les menaces du Shiv Sena) et outre-mer, battant des records, s’introduisant dans le top 3 des démarrages les plus fulgurants avec Ghajini et 3 Idiots. En Inde il se maintient dans le top 5, aux USA et en Grande-Bretagne il est resté plusieurs semaines dans les meilleurs résultats du box-office. Qu’en sera-t-il en France ? A suivre…

Scénario : Karan Johar et Shibani Bathija
Réalisation : Karan Johar
Production : Dharma Productions (Karan Johar), Red Chillies Entertainment (Gauri Khan)
Acteurs : Shah Rukh Khan, Kajol, Jimmy Shergill, Zarina Wahab, Soniya Jehan, Parvin Dabbas, Arif Zakaria, Navneet Nishan, Sheetal Menon, Tanay Chheda, Arjun Mathur
Année : 2010
Musique : Shankar-Ehsaan-Loy
Durée : 2 h 30
Langue : Hinglish
Support : bientôt au cinéma en France, avec sous-titres français



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