Parinda

Traduction : L'oiseau

Bande originale

Kitni Hai Pyari Pyari
Pyar Ke Mod Pe
Sehra Mein Dulha Hoga
Tum Se Milke

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La critique de Fantastikindia

Par Laurent - le 22 janvier 2009

Note :
(7/10)

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A un très jeune âge, Kishen, pour subvenir à ses besoins et à ceux de son frère cadet Karan, entre dans un gang. Pour éviter que Karan ne suive la même voie que lui, il l’envoie étudier aux Etats-Unis. Les années passent, Kishen (Jackie Shroff) est maintenant l’homme de main d’Anna (Nana Patekar), un gangster psychotique. Lorsque Karan (Anil Kapoor) revient d’Amérique, son grand frère tente de lui cacher ses activités illicites, mais Karan est témoin de l’assassinat de l’inspecteur Prakash (Anupam Kher), son ami d’enfance et le frère de celle dont il est amoureux (Madhuri Dixit), commandité par Anna. Fou de rage, Karan décide de se venger et, avec l’alibi d’être le frère de l’un de ses hommes de confiance, d’infiltrer le gang d’Anna et de provoquer une guerre des gangs…

Vidhu Vinod Chopra est un cinéaste anticonformiste pour de multiples raisons : évitant les romances traditionnelles de Bollywood, il est connu pour ses sujets souvent atypiques. Et si ce film de gangsters n’a pas la fluidité ni la maestria technique de ses œuvres suivantes, plus ambitieuses (1942-A Love Story, Mission Kashmir), il n’en possède pas moins un certain réalisme sordide, décrivant avec minutie le fonctionnement d’un gang de Bombay. La cruauté du milieu, ses codes, et les dilemmes moraux auxquels est confronté le jeune homme infiltré participent de la tension et de l’ambiguïté perverse du film : pour arriver à ses fins et se faire accepter par le gang, Karan ira-t-il jusqu’à tuer, seul moyen d’ascension sociale dans cette société parallèle ?

Le film bénéficie ainsi d’un habile scénario, qui nous plonge dans les tréfonds de la mafia bombayite avec une relative authenticité, inhabituelle dans le cinéma hindi. On regrette donc que le réalisateur ait sacrifié au rituel de la romance du héros et des chansons, qui rallongent inutilement ce film de genre viril.

Du point de vue de l’interprétation, le film est un peu daté : Anil Kapoor, pas aussi fin que dans ses films plus récents, agace un peu par son jeu surexcité, tandis que le solide Jackie Shroff, acteur fétiche de Vidhu Vinod Chopra, a tendance à s’emporter facilement et à donner dans le théâtral (il sera meilleur dans des rôles de méchants dans Mission Kashmir et Eklavya). L’alchimie entre les deux frères n’est donc que partielle, et cela limite l’émotion de certaines scènes, pourtant bien amenées.

En revanche, le fascinant Nana Patekar tire son épingle du jeu malgré un second rôle, celui d’un caïd psychopathe impitoyable avec une phobie du feu dont l’origine fait froid dans le dos, et qui donnera lieu aux scènes les plus intenses du film… La réputation de classique de Parinda tient d’ailleurs moins à sa qualité globale qu’à la prestation mémorable de Patekar, l’une des meilleures d’une carrière pourtant impeccable.

Sans comparer le film aux classiques du cinéma de gangsters américain ou japonais, Parinda est un bon film du genre en langue hindi, même l’un des meilleurs en attendant les films de Ram Gopal Varma (Company, Sarkar), ou bien l’excellent Apaharan, dans lequel Patekar retrouvera un grand rôle. L’un des meilleurs longs métrages d’un maître de Bombay, ce film imparfait reste une grande référence des années 80 pour son ambiance unique.

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