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Provoked

Note :   (8/10)

Publié dimanche 7 octobre 2007, par Maya
Dernière modification lundi 25 août 2014
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2 commentaires

Quelque part en Angleterre, une jeune mère de famille indienne, hébétée, est emmenée par la police. Son mari, gravement brûlé, meurt quelques jours plus tard. Elle est accusée de l’avoir tué. Elle ne le nie pas et est emprisonnée à vie. Pourtant, jusqu’à quel point est-elle coupable ? Radha (Nandita Das), membre des Southall Black Sisters , une association pour la défense des femmes maltraitées, estime que Kiranjit (Aishwarya Rai) a été trop rapidement jugée, que son mari, par son comportement, a provoqué cet acte.

Parallèlement à cette démarche associative et juridique, Kiranjit apprend à vivre en prison, même si elle souffre d’être séparée de ses fils, confiés à sa belle-mère. Quand Radha lui demande comment elle se sent après ses premiers jours en prison, elle répond : « libre ». Le ton est donné…

Pour ceux qui craindrait un film triste, larmoyant, pénible, qu’ils soient rassurés. Provoked est sans concession mais il est constructif, chaleureux, incisif. Si quelques flash back illustrant la vie maritale de Kiranjit sont violents, ils sont nécessaires et rapides, Jag Mundhra le réalisateur fait passer le message mais ne s’apesantit pas inutilement. Son propos porte surtout sur l’après : la reconstruction de la jeune femme, l’amitié qui se développe entre les femmes en prison, le combat que mène Radha et son association. Une très belle histoire, faite de courage et d’amitié.

Le film est inspiré de la vie de Kiranjit Ahluwalia, racontée dans un livre témoignage, Circle of Light, qu’elle a écrit avec Rahila Gupta interprétée dans le film par Nandita Das. Leur combat a d’ailleurs fait évoluer la législation anglaise sur le cas des femmes battues à la fois victimes et coupables. Le film est anglais, le realisateur d’origine indienne vit à Los Angeles. L’histoire est universelle mais elle effleure au passage des thèmes plus particulièrement indiens qui sont autant d’épines : le mariage arrangé avec un parfait inconnu, l’émigration de ces jeunes Indiennes déracinées et parachutées en Angleterre (ou ailleurs) sans possibilité d’intégration, le manque de recours des femmes battues dans une culture où il n’est pas envisageable de se séparer.

Inutile de dire que Provoked n’est pas un film « commercial ». La musique d’AR Rahman se fait discrète, aucun clip, aucune idylle facile ne viendra perturber le propos. Le scénario est construit comme une démonstration qui décrit les faits et nous en montre l’enchaînement, sans se répandre dans le sentimental. Même si la fin est prévisible, il sait nous intéresser à chacune des étapes qui nous y emmène, avec quelques surprises bienvenues. La mise en scène est à la fois efficace et d’une infinie douceur avec son héroïne, comme si l’image cherchait à bercer sa douleur. Aishwarya a sa tête des films d’auteur, plus proche de Chokher Bali et de Raincoat que de Devdas : pâle, maigre, les yeux cernés, le cheveu terne, l’anglais trébuchant, elle joue de façon juste et sobre. On aurait peut-être apprécié une palette de jeu un peu plus étendue dans le registre désespéré, où le regard vague et fixe fait un peu facilement office d’état dépressif. Mais Aishwarya retrouve toute sa sensibilité dans les scènes de reconstruction de son personnage. Les autres femmes de la prison, notamment Ronnie (Miranda Richardson), sont elles aussi attachantes. Le film nous donne le temps de faire connaissance avec elles et leurs histoires, par petites touches amenées avec sensibilité et réalisme, sans théâtralité excessive. On compatit à la douleur qui les a amenées là, on admire leur courage.

La palme en la matière revient cependant à Radha, la si jolie Nandita Das qui vient illustrer une autre forme d’émigration, celle des combats, des femmes indépendantes qui choisissent leur mode de vie sans pour autant renier celles qui n’ont pas eu le choix. On ne voit pas beaucoup le mari de Kiranjit, joué par Naveen Andrews (qui joue aussi dans la série TV Lost et dans Bride & Prejudice/Coup De Foudre A Bollywood), mais suffisamment pour apprécier le choix d’un acteur au physique agréable et au jeu nuancé : on est loin de la caricature des « vilains ».

Provoked est donc un film à la fois intéressant et agréable à regarder. Si le sujet est grave, la combativité qui s’en dégage est salutaire, on en ressort plutôt revigoré.

Provoked a été projeté au marché du film lors du festival de Cannes 2006 en présence d’Aishwarya Rai et de Kiranjit Ahluwalia.

Réalisateur : Jag Mundhra
Producteur : Sunanda Murali Manohar
Scénario : Carl Austin et Rahila Gupta
Acteurs : Aishwarya Rai, Nandita Das, Miranda Richardson, Naveen Andrews
Musique : A. R. Rahman
Année : 2006
Pays : Inde/Royaume-Uni
Langue : Anglais
Durée : 113 min



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