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Kalank

Traduction : Destruction

Année2019
RéalisateurAbhishek Varman
Dir. PhotoBinod Pradhan
ScénaristeShibani Bathija
ActeursMadhuri Dixit, Alia Bhatt, Sonakshi Sinha, Sanjay Dutt, Varun Dhawan, Aditya Roy Kapur, Kunal Khemu
Dir. MusicalSanchit Balhara
ChanteursShreya Ghoshal, Arijit Singh
ChorégrapheRemo D’Souza
ProducteurDharma Productions
Durée150 mn

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Fiche IMDB
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La critique de Fantastikindia

Par Maya - le

Note :
(7.5/10)

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Kalank signifie « Destruction ». Le film est une variation sur l’amour et la haine, avec un point commun : la destruction. Étonnant, non ?

En 2008, lors de l’inauguration de la statue de cire de Shah Rukh Khan au Musée Grévin, j’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec Karan Johar. Je lui ai demandé si le dernier film de son père, Yash Johar, que celui-ci n’avait pas pu terminer avant son décès en 2004, sortirait un jour, si lui, Karan, en reprendrait la réalisation. Il m’a répondu qu’il n’était pas prêt à cela, pas encore, que ça prendrait du temps. Onze ans plus tard, c’est Kalank. Ce n’est pas Karan Johar qui l’a réalisé, mais Abhishek Varman. Néanmoins, c’est Karan (Dharma Productions) qui l’a coproduit, bien sûr.

Kalank commence en 1944, dans une ville aujourd’hui au Pakistan. Une période « poudrière » qui annonce la Partition. Le destin de six personnes vont s’y croiser, ils vont s’aimer, se haïr, se détruire par amour ou par haine, par un amour devenu haine, par une haine devenue amour. Ici l’amour peut être dévastateur, autant que la haine. Le film se termine dix ans plus tard dans un contexte paisible, à Amritsar.

Nous suivons les personnages essentiellement entre 1944 et 1946. Balraj Chaudhri (Sanjay Dutt) et Bahaar Begum (Madhuri Dixit) se sont aimés passionnément. Il était marié et faisait partie de la haute société, elle était courtisane. Cette trahison a détruit la famille de Balraj. De cette passion est né un enfant, que Bahaar Begum a abandonné pour retrouver son amant. Sans succès.

Cet enfant sait qui est sa mère, il sait surtout qu’elle l’a rejeté, et qu’il est un bâtard, marqué au fer rouge de l’infamie que son entourage lui rappelle régulièrement. Il est maintenant adulte, c’est Zafar (Varun Dhawan), électron libre, qui aime la mort autant que la vie, qui ne croit en rien, et veut se venger de cet homme qui ne l’a pas reconnu. Le fils officiel de Balraj, Dev (Aditya Roy Kapur) est marié à Satya (Sonakshi Sinha) et ils s’aiment. Mais elle est atteinte d’un cancer et sait qu’elle n’a plus qu’un an à vivre.

Roop (Alia Bhatt) vient du Rajasthan, elle est éduquée et aime la liberté. Satya arrive, lui demande de venir vivre avec elle et son mari, et d’épouser son mari après sa mort. Roop refuse, son père lui dit qu’il n’a pas les moyens de les marier, elle et ses deux petites sœurs. Alors elle accepte, avec une condition : elle veut être mariée à Dev dès qu’elle arrive dans leur maison, pour assurer son avenir. Condition acceptée. Début de l’enfer.

Donc nous retrouvons un drôle de couple à trois, Satya encore vivante, Dev le mari, Roop mariée à cet homme qui n’aime que Satya et promet lors de son mariage avec Roop qu’elle aura son respect mais pas son cœur (ça ne vous rappelle rien ? Mais si ! Devdas et le mari de Parvati/Aishawarya Rai). Roop n’a pas de Devdas dans son passé mais elle tombe amoureuse de Zafar… Zafar qui ne croit pas en l’amour et n’a qu’une motivation dans la vie : se venger de la famille Chaudhri. Alors, cette jeune épouse du clan Chaudhri, c’est une belle opportunité.

Au-delà de ces histoires personnelles, la haine se déploie entre Musulmans et Hindouistes. L’amitié trahie est aussi destructrice que l’amour trahi.

Les relations de haine-amour destructrices entre les personnages sont le cœur du film. Et c’est ce qui en fait la richesse. À la fois beaucoup d’amour et beaucoup de destruction. Dérangeant. Et très intéressant.

Des décors flamboyants, une image étudiée, étonnamment « sourde », un peu sépia, comme s’il y avait un voile posé sur les scènes, sauf la dernière… Des costumes superbes. Une musique plutôt traditionnelle, de très belles danses, on se croirait parfois dans Devdas… Madhuri est au top avec son art de la danse et les blessures de son passé. Alia Bhatt est tellement émouvante… Les hommes aussi, avec leurs blessures qui les empêchent de déployer leurs ailes ailleurs que dans la haine et le désespoir.

Kalank est un beau film, parfois pesant, qui joue bien avec les émotions. Au final le respect et l’amour bienveillant, celui qui n’attend pas plus de l’autre que ce qu’il/elle peut donner, réparent les blessures. Un message de paix… Le film vaut la peine d’être découvert.


Bande-annonce (Vostfr)

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