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Lamhe

Traduction : Ces moments

Bande originale

Yeh Lamhe Yeh Pal
Yeh Lamhe Yeh Pal (Sad Version)
Mhaare Rajasthan Ma
Mohe Chhedo Naa
Chudiyan Khanak Gayee
Chudiyan Khanak Gayee (Sad Version)
Kabhi Main Kahoon
Megha Re Megha
Yaad Nahin Bhool Gaya
Gudiya Rani
Meri Bindiya
Freak Out

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La critique de Fantastikindia

Par Marine - le 11 octobre 2016

Note :
(7/10)

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Viren (Anil Kapoor) a grandi en Angleterre, mais sa famille appartient à la noblesse rajpoute. Tout jeune adulte, il est ramené sur sa terre d’origine par sa nourrice Dai Jaan (Waheeda Rehman). Tout d’abord rebuté par des traditions et des habitudes qu’il ne comprend pas, il est vite charmé par sa voisine, la belle Pallavi (Sridevi), un peu plus âgée que lui. Seulement elle ne l’aime pas. Quelques années plus tard, il fait la rencontre de Pooja, la fille de Pallavi, qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, nous ne sommes pas du tout dans une histoire de réincarnation puisque Sridevi interprète tour à tour la mère et la fille. Sridevi junior, Pooja, tombe amoureuse d’un prince qu’elle n’a jamais vu et qui, quelque part, est davantage une image paternelle que celle d’un amant. Cela pourrait ressembler à un syndrome d’Œdipe mal réglé [1]. Seulement Pooja n’a jamais rencontré Viren, elle ne le connait que par ce que lui a raconté sa nourrice.
La vraie question que l’on va se poser tout le reste du film n’est pas de savoir si Pooja a raison de tomber amoureuse de Viren, mais si Viren va tomber amoureux de Pooja à cause de sa ressemblance avec sa mère (Pallavi) ?. En somme, cela ne semble pas très sain comme situation, et d’ailleurs Viren, lorsqu’on lui en parle, en est convaincu. Et puis il se trouve trop vieux pour elle (pourtant il était bien tombé amoureux d’une femme plus âgée que lui).

Pour Lamhe, Yash Chopra s’est appuyé sur un casting solide présentant peu de risque. Pour le rôle principal féminin, il a choisi l’héroïne de Chandni, son précédent film : Sridevi. L’actrice a déjà tenu un double rôle dans Chaalbaaz où elle incarnait des jumelles séparées à la naissance. Ici, elle est la mère, puis la fille, qui ne se rencontrent jamais. Si les costumes aident le spectateur à les différencier — Pallavi ne porte que des costumes traditionnels quand Pooja porte des tenues « occidentales » — les caractères des deux femmes ne sont pas diagonalement opposés comme dans Chaalbaaz. Ces deux films ont chacun apporté un Filmfare de meilleure actrice à Sridevi. Ce second prix est bien mérité, car Sridevi est vraiment délicieuse.

Le rôle masculin a été confié à Anil Kapoor qui a commencé à connaître le succès quelques années auparavant dans des films comme Karma, Mr. India, Tezaab et Ram Lakhan. Mais le tout début de la décennie 90 lui offre quelques déconvenues. Pour Lamhe, il va jusqu’à raser sa mythique moustache. Et à 35 ans l’acteur incarne un même homme à deux âges différents : un jeune adulte n’ayant pas 20 ans et un homme qui en a le double. Si les tempes grises ne sont pas très convaincantes, on s’attache tout de même à Viren. C’est surtout à partir de Lamhe qu’Anil Kapoor et Sridevi seront mis en couple au cinéma, même si Mr. India avait déjà démontré leur belle alchimie. Ce couple phare rentrera directement en concurrence avec celui formé par Madhuri Dixit et… Anil Kapoor.

Aux côtés du couple vedette, on retrouve deux acteurs chevronnés : Waheeda Rahman (déjà présente dans Chandni) et Anupam Kher. Sridevi incarne deux personnages plutôt espiègles, cependant, le potentiel comique de l’actrice est le plus souvent combiné à des scènes en binôme avec Anupam Kher, ce qui les rend beaucoup moins digestes. Mais de manière générale ce dernier joue un personnage qui m’a totalement échappé.

Un rapide tour du côté musique où nous avons les chansons dansées par une Sridevi en costume traditionnel du Rajasthan, quelques ballades amoureuses et un medley où Sridevi et Anupam Kher imitent Nargis et Raj Kapoor dans Shree 420. Pour la mélodie j’ai surtout retenu Kabhi Main Kahoon et pour la scénographie, Megha Re Megha.

Lamhe fera un flop en Inde à sa sortie — il sauvera les meubles en fonctionnant bien à l’étranger —, terminant tout juste dans les vingt premiers films de 1991. Largement dépassé dans le domaine de la romance par Saajan, et même par Henna avec un Rishi Kapoor plus que vieillissant dans un rôle de jeune premier. Même Prem Qaudi, un film que tout le monde a oublié et qui ne mérite d’être retenu que comme étant le tout premier film de Karisma Kapoor, a fait mieux au box-office. Pourtant Lamhe est resté dans la postérité comme un des chefs-d’œuvres de Yash Chopra. Peut-être parce c’est le film préféré du réalisateur. Le film remportera, cependant, pas moins de cinq Filmfares awards, dont celui de meilleur film et de meilleur scénario. Pas si mal pour un échec commercial.

Je n’ai jamais été une grande fan des films de Yash Chopra : j’adhère rarement à ses scénarios — et de façon plus générale au concept du triangle amoureux. Chandni avait été pour moi une exception. Aimant beaucoup Anil Kapoor et Sridevi, et sachant que Lamhe était de ceux qu’il avait réalisé le film préféré de Yash Chopra, il fallait que je voie ce film. Cela n’a pas été un coup de foudre et ne m’a pas réconciliée définitivement avec le réalisateur, mais c’est un beau film, offrant de belles images (le Rajasthan est surtout un prétexte pour faire porter de beaux costumes traditionnels à Sridevi et montrer de beaux décors) et faisant passer un bon moment. Dans l’ensemble, j’aime assez Lamhe.

Bande-annonce


[1Un peu comme la fille du duc de Nevers qui tombe amoureuse de Jean Marais dans Le Bossu, alors qu’il l’a élevée comme un père.

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